Instant Togo II du 27 novembre au 13 décembre : faire passer la création togolaise à l’échelle internationale

Du 27 novembre au 13 décembre 2026, Lomé et ses environs vibreront au rythme de la deuxième édition d’« Instant Togo ». Portée par l’Institut Français du Togo et inscrite dans la dynamique FEF Création Africa, ce festival des arts vivants entend dépasser la simple parenthèse festive pour s’imposer comme un véritable levier de structuration, de mobilité et de diplomatie culturelle. Togocultures a rencontré à Lomé LATEVI Edem Kodjo, ingénieur culturel et Chef de projet.

Une ambition renouvelée : structurer plutôt que simplement exposer

LATEVI Edem Kodjo, ingénieur culturel et Chef de projet FEF Création Africa à l’Institut Français du Togo
LATEVI Edem Kodjo, ingénieur culturel et Chef de projet FEF Création Africa à l’Institut Français du Togo

Trois ans après une première édition prometteuse qui avait posé les jalons d’un rendez-vous structurant, Instant Togo revient sur le devant de la scène avec une feuille de route affinée. Dans un paysage culturel africain souvent marqué par l’intermittence des initiatives, le festival porté par l’Institut Français du Togo (IFT) ambitionne de construire un modèle pérenne, à la croisée de la création, de la médiation et du développement territorial.

« Instant Togo est avant tout un temps de rencontre autour de la création contemporaine, un espace où les artistes, les professionnels et les publics peuvent se croiser et dialoguer », pose en préambule LATEVI Edem Kodjo, ingénieur culturel et Chef de projet FEF Création Africa à l’IFT.

Mais au-delà de la célébration des disciplines artistiques, c’est la question cruciale de la pérennité du secteur qui anime les organisateurs. « Instant Togo ne se résume pas à une succession de spectacles. C’est aussi un projet de structuration du secteur. À travers les rencontres professionnelles et la présence de programmateurs venus de différents horizons, nous voulons renforcer les possibilités réelles de diffusion des artistes. »

Paris comme rampe de lancement : le pari d’une diplomatie culturelle offensive

Preuve de cette volonté d’inscrire le Togo sur la carte des grands réseaux de diffusion mondiaux, le lancement officiel de cette deuxième édition s’est tenu le 24 septembre dernier à Paris. Un choix qui peut surprendre au premier abord, mais qui procède d’une stratégie de visibilité anticipée.

En réunissant dans la capitale française des diffuseurs, des institutions culturelles et des acteurs de la création africaine, l’équipe d’Instant Togo a cherché à créer des ponts directs entre la scène locale et les marchands de spectacles internationaux. Une démarche appuyée par les instances officielles togolaises.

« Le lancement à Paris répondait à la volonté d’offrir une visibilité internationale dès l’amont du festival », explique LATEVI Edem Kodjo. « La France constitue un espace important pour la coopération culturelle, mais aussi un hub où se croisent de nombreux professionnels. Je voudrais saluer à ce titre l’accompagnement du Ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, notamment à travers la mobilisation de nos représentants auprès de l’OIF et de l’UNESCO et la participation remarquée du Sherpa Kangni Alem. »

Une programmation exigeante et un maillage territorial renforcé

L’attractivité du festival s’est déjà vérifiée lors de l’appel à candidatures, qui a vu affluer 101 propositions artistiques — dont 45 en provenance du Togo, 45 du reste du continent africain et 11 d’autres continents. À l’issue de la sélection, 25 projets ont été retenus (11 togolais, 9 africains et 5 internationaux), dessinant une cartographie vivante de la création contemporaine : danse, théâtre, musique, conte, marionnettes ou encore arts du cirque.

Pour irriguer le territoire et ne pas cantonner la fête aux seules institutions de la capitale, la manifestation s’appuiera sur un réseau de quatorze lieux partenaires répartis dans Lomé et le Grand Lomé, complété par plus d’une vingtaine d’espaces d’accueil au total.

La médiation au cœur : aller au-devant des publics

Le Festival Instant Togo rencontre des artistes à Paris à bord du bateau- mouche
Le Festival Instant Togo rencontre des artistes à Paris à bord du bateau- mouche

En amont même du coup d’envoi officiel, le festival déploiera une phase de préfiguration décisive. Du 15 au 30 octobre 2026, 12 représentations de médiation investiront les établissements scolaires et les agoras publiques dans six communes situées au nord du Grand Lomé. Une manière d’inscrire l’événement dans le quotidien des citoyens et de susciter de nouvelles vocations auprès de la jeunesse. Le défi de l’après-festival : « Rencontre, circulation, structuration »

Alors que les derniers réglages s’affinent, la réussite d’Instant Togo ne se mesurera pas uniquement au nombre de spectateurs rassemblés sous les projecteurs, mais à l’empreinte qu’il laissera dans l’écosystème artistique régional.

« Nos attentes se résument autour de trois mots : rencontre, circulation et structuration », conclut LATEVI Edem Kodjo. « Nous voulons que les artistes croisent leurs publics, que les compagnies concluent des engagements avec des diffuseurs, et que la question de la circulation des œuvres s’inscrive durablement dans les politiques culturelles. Au fond, l’ambition est que ce festival ne s’éteigne pas le soir de la clôture, mais qu’il laisse derrière lui des opportunités concrètes et fasse bouger les lignes de la création togolaise sur la scène internationale. »

Propos recueillis par Gaëtan Noussouglo

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