Décès tragique de Thomas Attissougbé, un esthète de la danse

Le décès soudain le 20 juillet 2026 en France, du jeune chorégraphe Thomas Attissougbé a suscité émotions au sein de la diaspora togolaise en Hexagone tout en alimentant ici et là moult interrogations. « Le rideau est tombé bien trop tôt pour toi, cher Thomas Folykoe Attissougbé. De nos moments partagés à Bancoumanan au Mali, je garde le souvenir d’un guerrier de la scène, un danseur vibrant qui donnait tout à son art. Un artiste ne meurt jamais vraiment : il change simplement de scène. Continue de danser parmi les étoiles. Merci pour ta contribution à notre culture. Bon voyage ! », a écrit le chorégraphe burkinabé Kafando Vicky Idrissa
« Il a dansé avec la troupe de danse du Club Unesco lorsque j’étais dans la troupe de théâtre dudit club avec la responsabilité de chargée à l’éducation et à la formation », se rappelle de lui la comédienne et conteuse togolaise Félicité Notson Kodjo-Atsou de la Compagnie artistique Kurun’kun.

Un self-made-man ! Thomas Folykoé Attissougbé avait 28 ans. Lui et moi ( Tognéviadji Agrimatiger NDLR ), un artiste –peintre togolais établi en Allemagne, avions été vendeurs de friperie au marché d’Agoé-Assiyéyé, près de Lomé. Passionné d’art avec de la préférence pour la danse, il en fera son métier. Après un début dans un groupe de chorégraphie à l’église, il s’est orienté peu de temps après à la danse contemporaine. Pour s’outiller, il intègre pour trois ans et sur recommandation d’une connaissance, la Compagnie Don Sen Folo LAB à Bamako du chorégraphe malien Lassina Koné. Il est de la Promotion II en suivant la formation Corps pour XXIIè siècle.

Artiste danseur chorégraphe dévoué, il aimait répéter que « le travail n’a jamais tué quelqu’un ». Pétri de talents, élégant, plein d’énergie sur scène, Thomas Follykoué Attissougbé possédait une gestuelle fort particulière. Connu autant à Lomé que dans de nombreux pays de la sous –région ouest africaine, il est le créateur du spectacle de danse solo chorégraphié et interprété qu’il a dénommé « Adassi » (Larmes). Une manière pour l’ancien revendeur de vêtements de seconde main de saluer la bravoure et la résilience des dames revendeuses qu’il a côtoyées durant ses années de galère au marché d’Agoé-Assiyéyé

Thomas Folykoé Attissougbé était un artiste d’exception avec un goût prononcé pour la communication et la transmission. Un peu partout il a enseigné et animé de nombreux stages de danses traditionnelles tant du Togo mais aussi afro-urbaines. Marié à la française Cissou Améyo, il vit avec elle depuis six mois à Mauguio. Jusqu’ à sa fin tragique et inattendue, il a régulièrement collaboré avec la MJC de cette commune hexagonale du Département de l’Hérault en Occitanie.

Que peut-on savoir sur son décès ?

Jusqu’alors, « les circonstances sont troublantes et les versions divergent ». Le corps sans vie du jeune chorégraphe togolais de 28ans aurait été retrouvé dans le jardin du domicile. On y a noté une grave blessure à la gorge. « Il se serait lui-même infligé cette blessure » aux dires de son épouse. Une version remise en question par certains proches.
« Si tu me laisses partir avec ces gens avec qui je suis ici, je suis mort. », aurait-il laissé entendre la veille de son décès à un ami rencontré dans un centre commercial. Les personnes ainsi indiquées, seraient son épouse et l’ancien compagnon de cette dernière. Raison pour laquelle, seule une enquête judiciaire bien poussée pourra mieux déterminer les circonstances exactes de cette tragique disparition.

« Le danseur Thomas Mississo Folykoe Attissougbe est parti rejoindre les étoiles ! Bien trop jeune, en pleine ascension, en pleine gloire ! Et ma fille Cissou Ameyo a perdu son amoureux ! Nous sommes très tristes ! », a annoncé le sexagénaire Daniel Bourguet, artiste-producteur, militant associatif à la retraite et fondateur du mouvement local Alternative citoyenne.

Dans le monde de la danse et au sein de la communauté togolaise en France, tout le monde exige que la vérité soit connue autour de cette disparition brusque et tragique de Thomas Folykoé Attissougbé. Pour leur part, de nombreux artistes africains souhaitent mieux comprendre. Ils en appellent à toutes les autorités de tous ordres pour une enquête approfondie. Que la justice fasse son travail et dans l’impartialité requise.

Des rumeurs évoquent une note vocale que le jeune danseur et chorégraphe aurait envoyée à son père, avouant « ne plus se sentir en sécurité après avoir annoncé à son épouse son désir d’avoir un enfant. Une annonce qui selon des éléments rapportés « aurait été vécue comme une trahison et leur couple se dirigeait vers une rupture ». Trop tôt parti sans vider son carquois, la mort tragique de Thomas Folykoé Attissougbé, un esthète de la danse, mérite d’être élucidée.

© Ekoué Satchivi

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